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Sabrina Pasterski, célèbre physicienne américaine : "L'IA ne doit pas être un oracle réservé à quelques labos privés"

À 16 ans, Sabrina Pasterski pilotait l’avion qu’elle avait elle-même construit. A 33 ans, cette physicienne américaine, formée au MIT et à Harvard, travaille au Perimeter Institute, au Canada, sur l’une des questions les plus vertigineuses de la physique : réconcilier la relativité générale d’Einstein , qui décrit la gravité, et la mécanique quantique, qui régit l’infiniment petit. Son ambition : contribuer à percer le "code source de l’Univers". Son champ de recherche, l’holographie céleste, part d’une idée déroutante : toute la physique de notre Univers pourrait, en théorie, être décrite à partir d'une sphère située à l’infini, comme les étoiles se dessinent sur la voûte du ciel. Une sorte de projection dans laquelle la gravité, les particules et l'espace-temps seraient décrits à partir d'une réalité plus fondamentale. La presse américaine l'a surnommée "la nouvelle Einstein" ; elle juge l'étiquette "absurde". Elle a refusé la Nasa, Blue Origin, la société de Jeff Bezos , et des postes universitaires dotés d'un million de dollars. Franche, drôle, parfois déroutante, elle s'exprime sans filtre sur Dieu, l'intelligence artificielle, le sexisme en physique, Donald Trump et l'avenir de l'Europe. L'Express : Certains médias américains vous ont surnommée "la nouvelle Einstein", une étiquette que vous jugez absurde. Où passe, pour vous, la frontière entre exploiter cette visibilité et en devenir prisonnière ? Sabrina Pasterski : C'est arrivé deux fois, et les deux fois, c'était n'importe quoi. La première, très tôt dans ma thèse : un article s'est emballé. On voit alors toutes les portes qui s'ouvrent quand on passe pour exceptionnelle dans son domaine, et c'est étrange de le vivre si jeune : d'ordinaire, cela arrive plus tard, après un grand prix. Cela m'a rendue un peu bizarre aux yeux de mes pairs, et j'ai voulu mériter ce qui m'arrivait. J'ai donc essayé de me rattraper en mettant à profit mon bagage d'ingénieure, celui qui avait tout déclenché, par accident. Des mentors, surtout dans l'aérospatiale, pensaient que tout buzz est bon à prendre. Puis l'IA est arrivée , et on a vu qu'elle venait pour notre discipline. Des gens de la Silicon Valley qui s'intéressaient peu à la physique s'y sont mis très vite, mais ceux qui comptaient étaient ceux qui avaient déjà des réseaux dans ces entreprises. À un moment, je me suis dit : tant pis. Ce qui m'a permis de faire un peu de bruit, c'est encore cette histoire d'Einstein, et j'en suis honteuse. J'aimerais qu'une bonne idée suffise. J'espère que la technologie accélérera la science sans que les entreprises en récoltent d'abord les bénéfices, et que ceux qui avaient le plus d'influence étaient ceux qui disposaient déjà de réseaux dans ces entreprises. Vous avez tourné le dos à SpaceX et Blue Origin, que vous admiriez, pour la physique fondamentale, au motif qu’on y "aide à construire le truc de quelqu’un d’autre". Que cherchez-vous dans la physique théorique que ni l’ingénierie ni l’entreprise ne peuvent offrir ? J'admirais ces entrepreneurs non parce qu'ils étaient milliardaires, ils ne l'étaient pas tant que cela à l'époque, mais parce qu'ils avaient utilisé l'argent de leur société pour faire quelque chose de précieux, que personne d'autre n'aurait financé, et réuni l'expertise pour le faire. Mais en travaillant pour eux, je ne serais jamais devenue comme eux : j'admirais davantage les personnes que ce qu'elles faisaient. C'était peut-être une façon de me rebeller contre l'aérospatiale. Et j'avais sans doute un gros ego : je trouvais plus beau d'être la version "légitime", celle qui suit la voie académique jusqu'au bout, sans abandonner son doctorat. La recherche académique m'a appris que tout est très difficile. Et il y a beaucoup moins de baratin que dans l'industrie, où l'on peut vendre du vide. Je me demandais pourquoi les scientifiques devraient être les consultants des entrepreneurs, et pas l'inverse. Mais l'IA m'a donné une leçon étrange : les lois d'échelle fonctionnent. On peut jeter de l'argent sur un problème, et la technologie s'améliore vraiment. C'est sans doute une mauvaise chose, car quand cela tourne mal, cela tourne mal. Peut-être que la bulle éclatera et que ce sera du karma, mais, pour l'instant, force est de constater que cela a marché. Expliquez-nous l’holographie céleste, comme si on n'avait jamais fait de physique : pourquoi pensez-vous que l’univers pourrait être décrit par une sphère "infiniment lointaine", à la manière d'une projection sur le ciel nocturne ? Parce que les mathématiques proposent souvent plusieurs présentations d'une même chose, parfois utiles, parfois non. Je n'étudie pas un phénomène physique précis, j'étudie la cohérence des théories : peut-on tout expliquer ? La théorie est-elle cohérente ? Que peut-on y calculer ? Je pars d'exemples simplifiés, qui ne décrivent pas directement le phénomène réel, mais possèdent une certaine structure. Je cherche ensuite une théorie qui présente la même structure. Si je dispose d'une solution classique, je peux la prolonger jusqu'à l'infini et obtenir une valeur sur cette surface lointaine. Dans certains cas, il est alors possible de construire une théorie définie uniquement sur cette surface, mais qui permet de décrire la physique à l'intérieur. L'holographie céleste, c'est un peu la foi dans le fait qu'on a trouvé une structure souhaitable, encore peu rigoureuse, à laquelle on essaie de donner les bonnes mathématiques. Cela peut fonctionner parce que, par le passé, des descriptions qui ne se ressemblaient pas du tout se sont révélées équivalentes. Mon ambition, c'est de réunir ce qui se passe au Cern et le cadre de Ligo (l'observatoire américain d'ondes gravitationnelles) et de Lisa (le futur détecteur spatial européen), car il faut de la gravité. Et si l'on se place très loin, on peut considérer que les interactions entre les objets deviennent négligeables, ce qui simplifie beaucoup. Je reste aussi en trois dimensions d'espace et une de temps : je peux imaginer deux masses, une onde gravitationnelle qui passe, les masses qui oscillent puis se stabilisent. Beaucoup de collègues en théorie des cordes doivent passer à dix dimensions, qu'on ne peut plus visualiser. Vous comparez la dualité, cette équivalence entre deux descriptions d'une même réalité, à la Trinité. Votre travail a-t-il une dimension philosophique, voire spirituelle ? Ma mère est très religieuse, elle est à l'église tous les jours. Enfant, j'allais à l'école du dimanche parce qu'elle m'y envoyait, en partie, je crois, parce qu'elle avait peur lorsque je prenais mes cours de pilotage : au moins, je serais sur la bonne voie s'il arrivait quelque chose. Ce qui m'a frappée, c'est qu'une même chose puisse avoir des représentations équivalentes. Ce que je ne comprenais pas au catéchisme ressemble beaucoup à l'effort intellectuel nécessaire pour affirmer que deux théories sont équivalentes. Certains prennent l'holographie bien plus littéralement que moi : "Si nous sommes dans un hologramme, vivons-nous vraiment dans un espace de dimension inférieure ?" Moi, je pense aux mathématiques : que puis-je calculer d'un côté, de l'autre ? C'est une autre formulation de la même chose. Je crois qu'il faut un Dieu très peu interventionniste : ce que j'étudie ne peut rien dire au-delà de ce que l'on mesure. Cela me rend plutôt agnostique, et j’aime que la science permette de toujours trouver plus de réponses. Ma mère disait que la science pouvait remplacer certaines fonctions de la religion. Je ne le crois pas : elle ne donne ni cette motivation ni cette confiance. Avec l'IA et le problème de l'alignement, j'ai beaucoup plus de respect pour la religion : ses allégories gardent un sens sur des siècles et aident à aligner les comportements. Ce n'est pas forcément "vrai" au sens technique, mais cela compte. Je ne peux donc pas substituer la science à la religion, et je ne l'enlèverai à personne. Vous ne prenez pas l'hologramme au pied de la lettre. Où passe, selon vous, la frontière entre un chercheur créatif et un illuminé ? Je m'efforce de ne pas surinterpréter. L'illuminé a toujours de belles analogies et surinterprète un résultat mathématique pourtant juste. De mon côté, depuis que j'ai un poste, je réalise que j'étudie moins telle ou telle expérience de pensée que l'auto-cohérence des théories, leur construction. Si deux descriptions sont réellement équivalentes, ce qui compte, c'est ce qu'on peut calculer dans chacune. Vous avez dit "tricher" : votre univers ne s’étend pas, contrairement au nôtre. À quel point cette limite est-elle sérieuse ? L'holographie céleste décrira-t-elle un jour notre cosmos réel ? Je suis une enfant d'avocats, je peux rendre n'importe quoi aussi vrai que je veux (rires) . Plus sérieusement, on progresse par approximations successives. On pourrait presque forcer une version céleste d'un univers en expansion, dit "de Sitter". Ce qui m'intéresse, c'est moins le lien littéral à l'expérience que la démarche : si l'on me dit que tout cela est vrai, avec ces valeurs et ces barres d'erreur, quel est l'espace des théories qui y mènent ? Comment l'organiser ? Aujourd'hui, les graphes de connaissances en mathématiques sont surtout des formalisations où les énoncés mathématiques considérés comme vrais sont rassemblés, sans indication de marge d'erreur. J'étudie donc les fondements des mathématiques, les systèmes experts, la recherche d'information, pour faire comme si quelqu'un avait réalisé l'expérience et voir comment organiser ce corpus. Je veux comprendre la différence entre une théorie qui fonctionne dans un domaine donné et une théorie qui serait valable de manière générale, et savoir si l'on peut les distinguer. Je n'aurais pas pu poser ces questions auparavant : les progrès de l'IA permettent désormais de les traiter à une tout autre échelle. L'IA démontre désormais des théorèmes et assiste la recherche en physique. Le physicien théoricien est-il menacé d'obsolescence, ou peut-elle au contraire devenir un outil pour explorer des structures mathématiques inaccessibles à l'esprit humain ? Les plus fervents partisans de l'IA disent que tout sera obsolète. Mais quand ? Il y a une grande différence entre prendre sa retraite après avoir fait quelque chose de formidable et être rendu redondant. On nous a appris que nous valions par notre travail ; on nous dit maintenant que ce travail sera dévalué pour accroître des profits, avec de l'argent emprunté, ce qui est le plus étrange. Je ne pense donc pas que nous soyons déjà redondants. Les expériences restent importantes, et les chercheurs des laboratoires ne cherchent pas nécessairement à simplifier les modèles : ils veulent qu'ils réussissent une tâche, pas comprendre comment. Cela pourra être remplacé plus tard, mais je veux participer à cette construction. Quelle est votre vision de l'IA, la craignez-vous ou êtes-vous optimiste ? Je devrais sans doute avoir plus peur. Mais je suis assez blasée : je crains davantage la cupidité, l'imprudence, la méconnaissance du risque que l'on prend. Je trouve aussi destructeur de semer la peur sans rien proposer de proactif : on pousse les gens au nihilisme. Il y a beaucoup de choses nouvelles à faire, et c'est là que doit venir l'optimisme. Beaucoup de mathématiciens voudraient travailler sur la sécurité de l'IA, mais un laboratoire indépendant n'a pas accès à ce qui se passe dans les grands laboratoires. Je n'ai pas besoin d'argent : j'ai besoin de ressources de calcul et de coordination. Seule, comme une universitaire, mon effort ne passera pas à l'échelle : il sera, en gros, gâché. Vous avez un public considérable sur les réseaux et dans les médias. Qu’attendez-vous de cette notoriété pour donner envie aux jeunes de faire de la science, et que pensez-vous du rapport des nouvelles générations à la difficulté intellectuelle ? Je ne veux pas les inspirer, je veux qu'ils agissent maintenant. Cette technologie supprime des hiérarchies, celles de gens qui en savaient plus que vous. Elle devrait démocratiser ; au lieu de cela, elle stratifie : on remet les résultats à quelques-uns, qui les gardent, et c'est l'académie qui passe pour la méchante. Les jeunes sont ceux qui ont le plus à perdre face à des seniors qui s'accrochent. Il faut trouver des façons de s'amuser avec ces outils pour faire quelque chose de beau. Côté science, ma mission est de ne pas être tenue à l'écart de la construction d'une ontologie plus interprétable, c'est-à-dire d'une représentation du savoir que l'on puisse comprendre, en commençant par la physique théorique. Si un financement public pouvait nous donner davantage de poids face aux grands laboratoires, je le prendrais. Je veux que l'IA ne soit pas un oracle, et que les résultats qui ne présentent aucun risque de sécurité restent accessibles à tous, pas enfermés derrière les portes des laboratoires. Tout le monde sait coder maintenant : je préférerais que chacun puisse se faire expliquer la physique, quitte à ce que je code moi-même des sites communautaires ou des prototypes. On nous vend un récit de fin des temps ; je préfère que les gens construisent des choses, et qu'on ne laisse personne en tirer profit à leur place. Les femmes restent très minoritaires en physique théorique. Quels obstacles avez-vous rencontrés, et qu’est-ce qui, concrètement, changerait la donne, au-delà des discours ? Les autres femmes du domaine sont formidables, et il y a de superbes jeunes. Pour moi, être trop portée aux nues n'a jamais aidé. Et ma manière de parler est peut-être moins linéaire : elle m'aide quand je travaille, mais pas pour entrer en collaboration. Je pourrais me dire que c'est parce que je suis une fille, mais c'est peut-être juste parce que je suis un peu exubérante. Il est difficile de distinguer ce qui vous dessert parce que vous êtes une femme de ce qu'un homme pourrait se permettre sans conséquence. Je crois notre domaine moins sexiste que d'autres : en mathématiques, quand les résultats sont vrais ou faux, il y en a moins. Reste la difficulté de convaincre quelqu'un qui ne vous croit pas. Ce qui me rend le plus triste, c'est le peu de femmes dans les conférences sur l'IA et la physique. J'ai fait des statistiques, de façon informelle : 10 à 15 % en théorie des cordes, et, dans certaines de ces conférences, trois femmes sur quarante et un invités, avec quelques ajouts après coup. Ces domaines, proches de la biologie, de la sociologie, de la physique pilotée par les données, devraient attirer davantage de femmes. Or on ne les invite pas, parce qu'elles n'étaient pas, selon d'autres hommes, parmi les meilleures. Je me suis invitée sans y être conviée à l’une de ces réunions : je ne laisserai pas un réseau d'amis m'empêcher d'être à une table sur l'IA. Et je constate que dans la tech, beaucoup d'hommes bluffent sans se faire prendre, quand Elizabeth Holmes, la fondatrice de Theranos condamnée pour fraude, l'a été. Dans la tech, si vous avez une bonne idée, on la prend ; en science, on ne vous écoute pas. Vous avez fait vos études aux États-Unis et travaillez aujourd’hui au Canada, mais le Cern et la mission Lisa sont des projets européens. Qui doit financer la physique fondamentale : les États, ou des milliardaires comme ceux que vous admiriez enfant ? L'Europe peut-elle encore retenir ses meilleurs cerveaux ? Je crois que la science américaine va devenir plus étrange que celle de l'Europe ou du Canada. Il y a aux États-Unis un sentiment anti-académique de la part des laboratoires, et, dans mon domaine, nombre d'élites sont prêtes au seppuku en disant qu'elles valent mieux que la génération précédente, tant qu'elles travaillent pour ces laboratoires. Certaines choses sont plus faciles en Europe : les contribuables y financent davantage les chercheurs, via des postes d'enseignement. Aux États-Unis, le risque est que les fonds destinés à l'académie aillent aux équivalents des Bell Labs, plus efficaces que ces universitaires dans leur tour d'ivoire. L'Europe garde des chercheurs, mais seront-ils à la pointe ? C'est ce qui fait peur. Réguler beaucoup préserve des valeurs, mais si l'on veut être à la pointe de certaines innovations, c'est un coût. Je suis américaine, je ne prendrais pas ce risque, mais cela peut être un choix raisonnable pour la qualité de vie. Le Cern est un exemple formidable : j'adorerais un Cern pour la physique, ou un Cern pour la sécurité de l'IA. Aux États-Unis, on laisserait cela aux entreprises ; au Canada ou en Europe, on peut impliquer davantage de monde. Et il y a une autre peur : si l'IA automatise le travail de la connaissance, le capital devient la seule chose qui compte, pas le talent. Beaucoup de pays ont des jeunes brillants et de l'argent, mais ne sont pas dans les cercles d'élite : l'accès y est très verrouillé. Je ne sais pas comment y répondre, mais il ne faut pas renoncer. Cela devrait démocratiser bien plus que ne le souhaitent ceux qui paient. Comment voyez-vous l'impact de la présidence de Donald Trump sur la recherche scientifique américaine ? C'est effrayant. Mais je veux que Donald Trump nous aide, alors je ne vais pas être méchante avec quelqu'un dont j'attends de l'aide. Je ne pense pas qu'il se croie un homme mauvais, et je ne soutiens personne. Vivant au Canada, je n'ai pas voté. On voit ce qui arrive quand on choisit la voie de la loyauté : tout devient très transactionnel, avec beaucoup de mauvaises choses. Mais ai-je deux ans à attendre un nouveau gouvernement ? Je pense qu'il est l'une des rares personnes en position d'empêcher les laboratoires de nous marcher dessus, et de faire en sorte qu'ils ne nous imposent pas un mauvais marché, à nous qui avons été financés par la NSF, l'agence fédérale de financement de la recherche, ou par le département de l'Énergie. Je veux donc éviter les propos négatifs et espérer qu'il fasse du bien. Mais il faut toujours se méfier de la concentration du pouvoir. C’est très inquiétant, mais, au moins, tout le monde le voit et peut agir à sa façon. Que diriez-vous à la Sabrina de 12 ans qui construit son avion dans le garage, et que ne lui diriez-vous surtout pas, pour ne pas briser quelque chose ? Je lui dirais que la route sera cahoteuse, mais peut-être pas : je ne sais pas. (Un silence). Je lui dirais de se fier à son instinct, mais de ne pas le dire à voix haute. Je me suis causé beaucoup de problèmes en croyant à quelque chose et en le disant aux gens alors que ce n'était pas le moment.

"Arriver en 2027 avec de bonnes habitudes" : pourquoi attendre le 1ᵉʳ janvier pour prendre de bonnes résolutions ?

Sur les réseaux sociaux, des influenceurs proposent de prendre de l'avance sur ses bonnes résolutions. Mais comme pour celles du début d'année, "le piège est de tout laisser tomber en quelques jours", explique la journaliste LCI Valentine Leboeuf. "L'idée est de choisir des objectifs tellement simples qu'on n'a aucune excuse pour ne pas les tenir", explique une influenceuse.

TÉMOIGNAGE. « À quelques minutes près, on était sa cible » : cette Bretonne était sur les lieux de l’attentat à Cracovie

Partie pour quelques jours en Pologne, son pays d’origine, une habitante de Trélévern, petite commune des Côtes-d’Armor, se promenait dans le centre historique de Cracovie, samedi 7 novembre 2026, quand un homme s’est mis à tirer sur des passants. Une fusillade meurtrière à laquelle Henryka Clémence raconte avoir échappé de peu. Arrivée sur la Grand-Place juste après le drame, elle témoigne du choc ressenti à la vue de cette scène de chaos.

Suin. Au conseil municipal, le bâtiment de La Marmusette fait débat

Fin octobre, lors de la séance du conseil municipal, les élus de Suin ont voté favorablement le rapport de la CLECT (Commission locale d’évaluation des charges transférées), le devis des travaux du beffroi de l’église, ont écouté le résumé du travail des commissions communales : voirie, bâtiments et gîte, ainsi que les comptes rendus des réunions de bureaux municipaux et adoptés les tarifs communaux 2027.

Le ralentissement de la croissance de l’IA devient une préoccupation pour les banques centrales, selon une haute responsable du FMI

Principaux renseignements Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international, a averti vendredi que les banques centrales devaient tenir compte d’éventuels ralentissements de la croissance économique tirée par l’intelligence artificielle (IA), tout en maîtrisant l’inflation. Lors d’un discours prononcé au siège de l’FMI à Washington, elle a fait remarquer que les marchés mondiaux sont actuellement […]

La renaissance de Bull, leader européen du calcul : "L'intelligence artificielle nous apporte du volume"

A Angers, les technophiles ont leur caverne d’Ali Baba. Puces Nvidia , barrettes de mémoire à large bande passante... L’usine Bull regorge de matériel prisé. Alors, pour le manipuler, les employés du groupe font preuve d’un luxe de précautions, enfilant blouses et bracelets qui dissipent l’électricité statique du corps humain. "Les décharges peuvent abîmer les composants électroniques ", confie Bruno Lecointe, directeur des activités HPC ( high performance computing, le calcul haute performance), IA et Quantique qui nous fait visiter les allées. D'un poids de trois tonnes par mètre carré, les machines Bull sont des bijoux de technologie capables de réaliser jusqu’à un milliard d’opérations par seconde. Avec le nouveau bâtiment de production qu’elle vient d'inaugurer, l'entreprise va doubler ses capacités. On avait quitté Bull en plein naufrage d'Atos , son propriétaire depuis 2014. Croulant sous les dettes, la maison mère n’a eu d’autre choix que la scission : les activités historiques d’infogérance chez Atos , celles plus porteuses en cyber et en IA chez Eviden. Bull opérant sur des sujets stratégiques, elle a été rachetée, quant à elle, par l’Agence des participations de l’Etat. Le divorce lui réussit. Sept mois plus tard, la direction engrange les contrats : 31 millions d'euros avec l’Agence de météorologie espagnole, 30 millions pour équiper la AI Factory de Mimer en Suède et ce méga contrat de 388 millions pour concevoir la machine Lumi AI en Finlande . Le plus gros coup de son histoire. Créé en 1931, le groupe est devenu en toute discrétion un fleuron technologique européen. La bascule s’opère en 1995 quand Jacques Chirac annonce l’arrêt définitif des essais nucléaires français. Ceux-ci seront par la suite réalisés via des simulations sophistiquées, nécessitant des supercalculateurs conçus par Bull, en partenariat avec le CEA . La défense est loin d’être le seul secteur friand de telles performances. En météorologie , par exemple, les machines calculaient auparavant les prévisions à court terme sur des zones de 9 kilomètres carrés. "Aujourd’hui, elles sont précises à 1,3 kilomètre près", pointe le président de Bull, Emmanuel Le Roux. Les progrès sont tout aussi notables en climatologie où il s'agit cette fois d’anticiper les évolutions à 30 ou 50 ans. Bull est également à la manœuvre d'un des projets scientifiques les plus excitants du XXIe siècle : l’observatoire "Square Kilometer Array" (SKAO). Afin de mieux comprendre l’enfance de l’univers, des chercheurs ont imaginé la construction de deux immenses réseaux d’antennes en Australie et en Afrique du Sud, qui fonctionneront de concert comme un télescope surpuissant. Le Français construit les infrastructures informatiques qui traiteront les gigantesques flux de données que l’ouvrage produira. La folle croissance de Bull dans l'IA "La santé est un autre domaine clé", poursuit Emmanuel Le Roux. Pendant la pandémie de Covid, plusieurs supercalculateurs européens ont été mobilisés afin d’ étudier le virus et accélérer la mise au point de traitements. La nationalisation de Bull – la deuxième de son histoire - n'est-elle pas un repoussoir pour les clients ? "Pas du tout, rétorque le patron : nous sommes une société de droit privé agile, avec un actionnaire patient. Ce rachat a rassuré". Le carnet de commandes bat en brèche l'idée d’une entreprise perfusée à l'argent public. Si la sphère institutionnelle et celle de la recherche constituent bien un pan important de sa clientèle, elle compte aussi beaucoup d'acteurs privés, des banques aux industriels. Airbus utilise ainsi un supercalculateur maison pour le design de ses avions. Le savoir-faire de Bull dans le calcul haute performance en fait un leader en Europe, mais aussi en Inde et en Amérique du Sud. Il lui offre l'oreille des plus grands fournisseurs de composants électroniques mondiaux, du coréen Samsung à l’américain Micron. Sans compter les développements accélérés dans le quantique, domaine dans lequel elle détient 169 brevets. La folle croissance de Bull provient toutefois d'un autre marché, hautement lucratif : l’intelligence artificielle générative. L’entraînement et l’utilisation - appelée inférence - des grands modèles de langage requièrent des systèmes informatiques proches des supercalculateurs. Les data centers poussent comme des champignons pour répondre au boom de la demande. "L'IA va nous apporter beaucoup de volume", pronostique Emmanuel Le Roux. La partie sera disputée, car les rivaux historiques du groupe font le même pari. Sélectionné pour bâtir une IA Factory en Allemagne, l'américain Hewlett Packard Enterprise (HPE) surpasse Bull de la tête et des épaules au classement des supercalculateurs mondiaux : 8 exaflops installés - l'unité de mesure de cette industrie, soit un milliard de milliards d'opérations par seconde - contre deux pour le français. Son compatriote Dell affiche déjà plus de 16 milliards de ventes trimestrielles dans les serveurs IA. Quant au chinois Lenovo, il revoit toute sa stratégie autour de ce marché. Ces trois mastodontes ont des capacités industrielles et commerciales sans commune mesure avec Bull. D'où l'importance de maintenir le rythme, et de décrocher des chantiers de grande ampleur. La Commission européenne a lancé en juillet dernier un appel d'offres de 30 milliards d'euros visant à faire émerger jusqu'à 7 gigafactories d'IA sur le continent. Bull est sur les rangs, au sein d'un consortium réunissant notamment EDF, Orange, Iliad , Ardian, et Capgemini. L'essor d'une filière européenne des puces Le groupe affecte une part considérable de son chiffre d’affaires (13 %) à la R&D et développe des modules clés comme un réseau d’interconnexions maison qui fait circuler à grande vitesse de gros volumes de données dans les supercalculateurs. C’est grâce à cette technologie que la part de composants européens dans l’usine Lumi AI grimpera à 70 %. Dans les équipes, l'adaptabilité est devenue le maître-mot. "Pendant la pandémie de Covid, un banal composant à deux dollars était devenu quasi introuvable. Nous avons repensé nos systèmes afin d’en utiliser un autre", salue Emmanuel Le Roux. Même par temps calme, l’entreprise prêche la modularité, que ce soit avec les puces de l’américain Nvidia, du britannique AMD ou de ses fournisseurs européens. Le Français est partenaire, et investisseur, de SiPearl , deeptech tricolore qui a développé le premier microprocesseur européen pour supercalculateur. Le programme Open Factory de Bull stimule aussi le développement d'un écosystème de puces sur le Vieux Continent. L'UE, on le sait, est dangereusement dépendante de Nvidia dans l'IA. Mais de jeunes pousses comme le français Vsora ou l’espagnol OpenChip se lancent dans l'aventure. "Avoir le choix et la capacité technique de basculer facilement d’un système à un autre, c’est cela qui garantit une vraie souveraineté numérique", souligne Emmanuel Le Roux. Champion sur le plan énergétique Le PDG insiste sur l'intérêt d'être présent à tous les niveaux de la chaîne : de la construction des machines à leur gestion, en passant par le développement de logiciels spécialisés. Sur 3 000 salariés, le groupe dispose aussi de 300 data scientists qui aident les clients à identifier les cas d’usage et les modèles les plus adaptés à leur activité. "Les très grands LLM sont idéaux pour expérimenter. Mais une fois un besoin précis identifié, des modèles plus légers et spécialisés peuvent offrir un meilleur rapport qualité-prix", pointe Petr Bednarik, directeur de la stratégie IA du groupe. Bull dispose enfin d'un atout vert dans sa manche : un système de refroidissement à eau chaude (45°), unique en son genre. "C'est un circuit fermé, qui ne consomme pas de grosses quantités d’eau", assure Bruno Lecointe. Surtout, il rend les supercalculateurs bien moins voraces en électricité . La preuve ? Au classement Green500 , qui récompense les supercalculateurs les plus efficients sur le plan énergétique, Bull a raflé les trois premières places du podium. Laissant, pour une fois, les Américains loin derrière...

Le Creusot. Avant la collecte, des collégiens et l’épicerie sociale font connaissance

Trois classes de 5e du collège Centre concrétisent leurs cours d’éducation morale et civique (EMC) par la préparation d’une collecte solidaire, impulsée par Sylvie Gaudez, enseignante d’histoire-géographie et soutenue dans l’organisation par Maud Mermet, documentaliste. La présentation de l’épicerie sociale a constitué la première étape du projet.

Matour. Près de 500 collégiens participent au cross de district

Le cross de district UNSS s’est déroulé mercredi 4 novembre à Matour. Sous un temps automnal, près de 500 collégiens, répartis en 4 courses, se sont donnés à fond pour décrocher la victoire. Prochaine étape : le cross départemental, le 25 novembre à Charnay-lès-Mâcon, en inscription libre. Puis viendra le cross régional en décembre, toujours à Charnay-lès-Mâcon, mais cette fois sur qualification.

“J’en suis arrivée à ne plus sortir de chez moi”: elles racontent leur vie avec un lipœdème

Une accumulation anormale de graisse, des jambes douloureuses, une silhouette qui change: le lipœdème, aussi connu sous le nom de “maladie des jambes poteaux”, est bien plus courant qu’on ne le pense. Il touche environ une femme sur dix. Longtemps méconnue et sous-estimée, cette affection chronique n’est toujours pas reconnue comme une maladie en Belgique. Mais la sensibilisation progresse et la parole se libère enfin. Francisca, Laetitia et Alexia ont accepté de nous raconter leur histoire avec le lipœdème. Trois femmes, trois parcours différents, mais une même réalité: celle d’un quotidien bouleversé par la maladie.

Plateforme Carnet Santé Québec | La majorité des résultats de laboratoire disponibles sans délai dès janvier

Dès janvier, les patients auront accès en temps réel à leurs résultats de prélèvements et d’imagerie dans la plateforme Carnet Santé Québec. Seule exception : les résultats de pathologie et de cytologie qui seront disponibles dans un délai de sept jours. À l’heure actuelle, il faut attendre 30 jours pour consulter un quelconque résultat.